Le texte de la dictée :

L’homme qui rit de sa dysorthographie congénitale

 

Ursus et Homo, tels semblaient être leurs patronymes, étaient liés d’une amitié étroite indéfectible et sans équivoque. Ursus était un homme affable pérorant d’abondance, la mise misérable et le verbe coruscant. Homo était un loup, de ces loups gris-bleu prognathes aux yeux ovés jaune clair phosphorescents, le croc ivoirin tant acéré qu’on eût pu le croire affûté. Leurs humeurs quoique antithétiques s’étaient convenues, et fondues en un alliage syncrétique époilant. C’était l’homme infatué qui avait baptisé le loup. Probablement, il s’était aussi choisi lui-même son nom ; ayant trouvé Homo bon pour une bête. L’association saugrenue voire horrifique de cet homme bestial anobli et de ce loup anthropoïde ennobli profitait aux foires qui se sont succédé, aux kermesses éphémères où l’on fait bonne chère, aux fêtes de paroisse plantées d’oriflammes armoriées, aux coins de rues chargées d’effluves rancis d’une myriade de mictions égrotantes où les passants se sont complu au spectacle et s’attroupent. Tout ce falbala hétéroclite répondait au besoin qu’éprouve partout le peuple crédule d’écouter çà et là des sornettes, billeveséescoquecigruefadaises, faribole et autres calembredaines et d’acheter aux tabarins fripons du Pont-neuf, de l’orviétan, antidote non avéré, panacée controuvée d’apothicaires charlatans à base de thériaque vieilliemillepertuis, myrrhe, opopanax et rognons de castor. Ce loup acolyte, un poil servile, apparemment docile et gracieusement subalterne, était agréable à la foule irréfléchie et puérile. Voir des apprivoisements, soumettre, assujettir, asservir, est une chose qui plait. Notre suprême contentement, l’acmé obscure, l’apogée impur de notre voyeurisme est de regarder défiler toutes les variétés de la domestication veule qui met au martyre la décence. C’est ce qui fait que depuis quelque deux cent seize ans, il y a tant de gens esbaudis qui se sont laissé abuser sur le passage des cortèges royaux et républicains.

Les photos d’Eric Chatelain :

Samedi 10h amphithéâtre de la MSHE (Maison des Sciences de l’homme et de l’environnement) 1 Rue Charles Nodier (face à Saint-Jacques).
Remise des prix à 13 h 30 – Entrée libre –

Les prix :

1er prix : stage de langue étrangère (valeur 500€) offert par la CLA
2ème prix : Bon d’achat en librairie (valeur 200€) offert par le Grand Besançon
3ème prix : Bon d’achat en librairie (valeur 100€) offert par le Grand Besançon