Le nouveau roman de Bérengère Cournut « De pierre et d’os » paru aux Editions Le Tripode, Prix du livre Fnac 2019, évoque le Grand Nord, aux confins de la Terre et partage le destin d’Uqsuralik, jeune femme inuit séparée des siens.

Un écrit magnifique, poétique et envoûtant.

Interview réalisée par Bénédicte du blog “Au fil des Livres

AFDL : Bonjour Bérengère ! Je vous remercie sincèrement d’avoir accepté de répondre à mes questions d’autant plus que je sais votre planning de rencontres très chargé.
Qui êtes- vous Bérengère Cournut ?

Bérengère : Quelqu’un qui vit, travaille, écrit. À Besançon le plus souvent, mais parfois aussi dans les trains. Et, quand j’ai vraiment de la chance, au bord de la mer.

AFDL : Écrire, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Bérengère : Une nécessité. Ou disons plutôt que je ne saurais pas ne pas écrire. À part ça, il me semble que c’est une tentative pour donner du sens à des choses qui n’en ont pas forcément (la vie, la mort par exemple) ainsi qu’une façon comme une autre d’explorer le monde.

AFDL : Depuis quand écrivez-vous ?

Bérengère : Depuis l’âge de 7 ou 8 ans.

AFDL : Quand trouvez-vous le temps d’écrire ?

Bérengère : Idéalement, chaque jour – mais ce n’est pas toujours possible… alors je fais au mieux.

AFDL : Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Bérengère : Ces dernières années, la culture des Hopis (tribu amérindienne d’Arizona) et celle des Inuit (Arctique) m’ont chacune inspiré une exploration romanesque. Cela représente des années de documentation et d’immersion livresque, sensorielle… De façon plus générale, ce sont toujours des paysages (réels ou rêvés) qui mènent mes personnages.

AFDL : Comment est né votre roman ?

Bérengère : De la découverte de petites sculptures inuit. Je voulais en savoir plus sur le peuple capable de concevoir des objets à la fois si purs et si fortement évocatoires des puissances de la nature.

AFDL : Avez-vous un petit rituel d’écriture ?

Bérengère : Rien d’incroyable : quand je me mets au travail, je relis ce que j’ai fait la veille, je lisse, je remanie… et si tout va bien, je continue. Autrement, je sabre – et là, la journée commence moyennement, parce qu’il faut retisser des mots, des phrases, sans savoir si la trame vaut le coup.

AFDL : Avez-vous de nouveaux projets d’écriture ?

Bérengère : Oui, mais je ne suis incapable de les évoquer avant qu’ils aient pris forme. Le travail d’écriture est quelque chose de très mouvant, d’instable.

AFDL : Quelles seront vos trois prochaines lectures ?

Bérengère : Un monde sans rivage, d’Hélène Gaudy ; Les Amazones, de Jim Fergus ; La Panthère des neiges, de Sylvain Tesson – trois auteurs avec qui je serai en rencontre dans les prochaines semaines.

AFDL : Quels sont vos trois derniers livres  « Coup de Cœur »?

Bérengère : Je n’en citerai que deux : Enfant-pluie et Embrasse l’ours, de Marc Graciano. Ces deux livres m’ont profondément régénérée, un peu comme peuvent le faire, dans un genre très différent, les livres de Pierre Cendors. (Voilà, vous avez deux coups de cœur, et un auteur en prime !)

AFDL : Un dernier mot ?

Bérengère : Éteignez les écrans, trouvez-vous un arbre et un cours d’eau, et regardez le temps qui passe. Le reste viendra.

De Pierre et d'Os

De Pierre et d’Os

Bérengère Cournut en dédicace ©Myriam Gasperment

Bérengère Cournut en dédicace ©Myriam Gasperment