François Garde, enfant d’un professeur de russe à l’université d’Aix et d’une mère au foyer, Savoyard d’adoption, s’est lancé dans l’écriture après avoir vécu une longue carrière au sein de l’administration française. Ces activités, qui l’amènent à voyager, vont nourrir ses textes avec une place privilégiée à l’imaginaire.

En 2012, il reçoit le Prix Goncourt du premier roman pour "Ce qu’il advint du sauvage blanc". Il poursuit son œuvre avec "Pour trois couronnes" (2013), "La Baleine dans tous ses états" (2015), "L’Effroi" (2016), "Marcher à Kerguelen" (2018), "La Position des pôles" (2019), "Roi par effraction" (2019).

 À perte de vue la mer gelée

(Paulsen)

Vers 325 avant Jésus-Christ, Pythéas partit de Marseille pour une expédition vers l’Atlantique nord. Il y découvrit une île inconnue au-delà de la Grande-Bretagne, et fut le premier à rapporter que la mer pouvait geler. À son retour, il consigna ses travaux scientifiques en astronomie, géographie et océanographie dans un traité, De l’Océan, qui fut abondamment commenté et copié pendant toute l’Antiquité. Aucune page de son œuvre n’a survécu. La plupart des commentateurs de l’Antiquité le traitaient d’affabulateur, voire de menteur. Une mer gelée ? Quelle ineptie. Son nom tomba dans l’oubli. Nous ne savons rien de Pythéas, sinon qu’il s’aventura au-delà du monde connu. La découverte constitue le moteur, le principe même de son voyage – quel que soit l’objet, par définition indéfinissable, à découvrir. Il part pour explorer. Il est le premier explorateur polaire. François Garde réhabilite le marin, le Marseillais, l’astronome et le scientifique. Dans une biographie imaginaire étonnante, il raconte son enfance à Massalia, la poursuite de son instruction à Athènes, ses amours de jeunesse, ses voyages en Méditerranée tout comme ses rencontres avec les rois barbares ou avec Alexandre Le Grand ; et il conte avec brio une époque où Marseille rivalisait avec Carthage.



Lieu : Place de la Révolution