Emmanuelle Lambert est l’autrice, entre autres, d’un roman, "La Désertion" (Stock, 2018), et d’un essai littéraire, "Giono, furioso" (Stock, 2019), couronné par le prix Femina de l’essai. Elle a été la commissaire de l’exposition Giono au Mucem, et vient d'éditer les "Romans et poèmes" de Jean Genet dans la Pléiade.

 Le garçon de mon père

(Stock)

"La vivacité du présent. Celle du sentiment. La trace que nous laissons aux autres. Ces particules de temps et d'affection mêlés demeurent en suspens. Ici, ce sont elles qui commandent, et avec elles, le souffle que sa mort m'a laissé au cœur."

Et pourtant, ce livre est un livre de vie. Par une douce ironie des mots, il est à l'image de ce personnage de père à la "chaleur explosive", "rétif à toute forme de rêverie fatiguée, car dans la fatigue se glisse un effritement possible, une voie pour la douleur et le doute". Il n’y a pas de gris ici, mais les couleurs éclatantes du souvenir, du mange-disques seventies aux yeux de Dalida.

À l’hyperactif soixante-huitard, à l’ex-enfant triste qui joue jusqu’au bout de sa vie, y compris en abordant les rivages de la fin, répond une fille qui se construit comme une femme dans le regard de son père. Mais aussi contre lui, qui voyait en elle le garçon heureux qu’il n’avait pas été. Intime et collectif, masculin et féminin, le duo père et fille illumine tout le livre. Mélancolique sans le poids du pathos. Poignant et solaire.



Présent sur le salon : dimanche 19
Lieu : Place de la Révolution