Esquisses d'un voyage au Pérou. T. 2

(La lanterne magique)

En 1809 le roi semblait avoir à peu près cinquante ans ; c’est un homme  robuste, bien fait, d’un teint plus sombre qu’il l’est habituellement chez les autochtones. L’expression de son visage est agréable, il a des manières douces et affables et exprime ses sentiments avec beaucoup d’expressivité ; car je l’ai vu verser des larmes lors du départ de ceux auxquels il était attaché, et il avait l’art de s’attacher les autres. Quoiqu’il soit un conquérant,  il est extrêmement populaire parmi ses sujets ;  et ce n’est pas sans raison car, depuis qu’il parvenu au pouvoir suprême, ils jouissent de la paix et de la prospérité. Il a accumulé un trésor considérable et possède un important stock d’articles européens de toute nature, en particulier des armes et des munitions ; qu’il a acquis en commerçant avec les navires qui font relâche dans ces îles. La guerre, et non pas le commerce, semble être la principale raison qui l’a incité à former une marine si importante. Etant en paix, sa flotte était d’ordinaire au mouillage pendant toute la durée de mon séjour. Quand il choisit d’armer ses navires, il n’éprouve pas de difficultés à [les faire] manœuvrer. Indépendamment du nombre de Blancs dont il est constamment entouré, et qui sont presque tous des marins, il trouve même parmi ses propres sujets de nombreux bons marins. Il les encourage à embarquer et à voyager à bord des navires qui font constamment relâche dans ces îles, et nombreux sont parmi eux sont ceux qui sont allés aussi loin que la Chine, la côte nord-ouest de l’Amérique et même que les Etats-Unis.



Présent sur le salon : vendredi 16, samedi 17, dimanche 18
Lieu : Place de la Révolution